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La Nouvelle Revue Française

Juillet 2018

La Nouvelle Revue Française, n° 631

À l’instant, comme dans un roman de Jules Verne, nous apprenons que les écrivains Christian Garcin et Tanguy Viel entreprennent un tour du monde en bateau exclusivement, du moins sans prendre l’avion ni exclure le pousse-pousse à roulettes. Voilà qui sonne comme un début des fameux Quatre-vingts jours, quoique la date de retour ne soit pas précisée. On ne se doutait pas que de tels projets pussent être encore si concevables, tout ayant été vu, archi visité en tous sens et sous toutes les formes.

Ce n’est plus un musée, fût-il imaginaire, c’est « la mer allée avec le soleil » que Diane Lisarelli retrouve dans la lumière niçoise, cette lumière « matissienne » qui fait lever les oiseaux en même temps que le ressac millénaire toujours recommencé. Voici l’instant immobile qui soumet le langage à l’épreuve de dire le paradoxe suprême : à la fois la fuite et la station, l’instant et l’immémorial. C’est le moment poétique. Il y a des endroits pour sentir cela, plus favorables que d’autres, par exemple l’une de ces criques où Diane Lisarelli a élu sa « réserve », un peu comme la chambre noire du photographe en argentique. Vivre dans le noir pour mieux goûter la lumière. La réserve est faite pour laisser la lumière faire son travail, y assister. Sans doute, appartient-il au sud de contenir de tels lieux où « août s’éternise ». La nuit, les oliviers y « font des taches noires », c’est le sud dont Pasolini disait qu’il est « le même depuis des millénaires ».

Loin du concert baroque claudélien et des folies sévillanes décrites ici par Agnès Mathieu-Daudé, mais pas si loin au fond, on lira enfin dans cette même livraison d’été un choix de poèmes d’Anna Ayanoglou, qui publie régulièrement dans les revues (Persée, Europe, La revue russe…)où la poésie garde sa place, aux côtés des grosses cylindrées romanesques. On se réjouit au contraire avec Anna Ayanoglou de cette attention si aigüe à l’ordinaire du monde quotidien (mais à quoi bon parler encore d’ordinaire puisque tout ici est matière d’étonnement ?) : « Alors que la nuit tombe, tu t’étonnes que tout existe encore ensemble », tout comme dans ce véritable tableau qui n’est pas sans rappeler la peinture d’un certain Hopper : « la profondeur oscillante du fauteuil, le silence de la serveuse, du transistor obèse »…

Tels encore ces joueurs d’échec à la terrasse d’un café où nous imaginons Borges, de retour de la bibliothèque nationale, prendre un léger apéritif. Là est le royaume, il n’y en a pas d’autre. On dit simplement « ordinaire » pour le dissimuler aux touristes, qui ne sont pas au courant, voilà tout.



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Le blog de Michel Crépu

Un écrivain, Sir Vidjadhar Surajprasad Naipaul

On pourrait après tout s’en tenir là : malicieux, faux cynique, s’intéressant à tout ce qui croisait son champ de vision, V.S Naipaul qui vient de mourir à quatre-vingt-cinq ans, laisse en partant une œuvre fourmillante, un extraordinaire reflet des bouleversements dont l’Inde a été le théâtre depuis la fin de l’Empire colonial britannique. Et pas seulement l’Inde. Ce ne serait pas faux mais ne dirait rien de la profondeur de cette œuvre. À la fois protéiforme et subtile, si terriblement anglaise pour un fils d’immigrés de la Trinidad.

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