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La Nouvelle Revue Française

Novembre 2016

La Nouvelle Revue Française, n° 621

Prenez vos billets pour le circuit NRF de novembre. Le reporter Tintin y donne la main au très ancien célèbre romancier de la famille française que fut Georges Duhamel. C’était le bon temps. Il y avait les Thibault de Martin du Gard et il y avait les Pasquier de Duhamel, évoqués ici par Stéphane Hoffmann. Il est vrai qu’Hergé, après avoir inventé son héros belge international célibataire, dessina les Aventures de Jo, Zette et Jocko, le frère, la soeur et leur petit singe de compagnie, sous les yeux attendris de leurs parents. La direction du journal Coeurs vaillants de l’époque voulait qu’on voie la famille, et Hergé obtempérait. Il n’en ira plus de même avec Tintin, jeune homme éternel orphelin, une sorte d’extraterrestre familier comme le décrit ici Renaud Nattiez et qui continue de fasciner la planète. Une exposition majeure lui est consacrée au Grand Palais, à Paris, jusqu’à janvier 2017. L’écrivain Pierre Michon y reconnaît un complice involontaire en écriture, tandis que Benoît Peeters, l’homme au monde qui connaît le mieux Tintin, y voit l’incarnation du mythe étrange d’un « surenfant ». C’est bien possible et normal qu’on se pose la question dans la NRF, où la « bande dessinée » n’a que peu existé. Mais comment ignorer, au-delà du genre, la prodigieuse machine à raconter que sont les aventures du reporter ? Frédéric Pajak pense que la chose est rendue quasi impossible à cause de ce qu’il appelle la "dictature du divertissement".

Aventure, c’est d’ailleurs bien le mot, que n’eût pas rejeté Jacques Rivière, qui devait y consacrer un livre tout entier. Jacques Rivière parlait bien sûr du « roman d’aventures ». Et l’aventure, c’est l’inconnu.

Les pages que donne ici Luc Lang d’un voyage en Afrique ne sont pas étrangères, loin de là, à certain envoûtement bien propre au voyage en terra incognita. Dieu sait si Tintin lui-même , de passage au Congo, a bien du mal à se défaire de son bagage colonial. Il ne manque pas aujourd’hui de lecteurs pour le lui reprocher. L’Afrique que décrit Luc Lang ici est fort éloignée des pères missionnaires à barbe blanche d’Hergé, des amusantes mésaventures où Tintin semble surtout un benêt. Est-ce seulement une question de géographie extra-européenne ? On ne le dirait pas à lire la délicieuse nouvelle de Marie Darrieussecq, en provenance du « beau Danube bleu ». Question de langage bien sûr et qui fait se rejoindre aussi bien ici Muriel Barbery dans un texte d’une rare splendeur à la lumière de Jean de la Croix et Charlotte Delbo, à laquelle Stéphanie Cochet consacre une pénétrante étude. On se trouve ici, dans le cas de celle qui fut la secrétaire de Louis Jouvet, sous le signe de la tragédie propre au xxe siècle des camps. Charlotte Delbo est encore mal connue. Elle n’a pas cédé aux sirènes de l’adhésion, au Parti, à la Femme, elle ne s’est pas reconnue dans la lettre d’un féminisme trop étroit pour la femme libre qu’elle était. C’est quelqu’un d’autre que nous fait découvrir Stéphanie Cochet. D’une certaine façon, on peut dire que les choses commencent seulement maintenant pour elle.

Dans ce même numéro de novembre, Véronique Taquin propose une remarquable réflexion sur les nouvelles données du « récit » à l’heure d’internet et d’une remise en question historiquement inédite de la notion même de livre. Comme en écho à cette étude, le critique du New Yorker Adam Gopnik revient sur trente années de vie littéraire américaine à l’ombre des géants, Roth, Updike, Wallace… Manque aujourd’hui un tableau complet de cette histoire littéraire, alors même que l’on s’apprête à publier l’étonnante correspondance échangée durant les années de guerre entre l’architecte Frank Lloyd Wright et l’historien de la ville que fut Lewis Mumford. Après tout, l’histoire de la littérature américaine peut être vue aussi comme une histoire d’architecture. Des histoires de formes et de volumes, du plus minimal au plus baroque. Cela n’empêche pas que l’aventure des formes du langage poursuive son odyssée en Europe, on le voit ici à lire l’écrivain espagnol Javier Marias, et la « rentrée littéraire » n’a pas manqué de bonnes surprises comme en témoignent les notes de lecture de ce numéro. Au rendez vous de ce mois, Philippe Vasset, Stéphane Hoffmann, Eric Faye, Nicolas Cavaillès, Jean Starobinski… Un dernier conseil aux amis lecteurs de la NRF : ne quittez pas ce numéro sans passer par la case Dernière mode de Simon Liberati et Eva Ionesco et par le Journal littéraire de Michel Crépu. Alors seulement, vous pourrez passer à autre chose.



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