Juin 2019

  • Incognito
    | Publié le : 27/06/2019

    Sigila[1], la belle revue transdisciplinaire franco-portugaise sur le secret, consacre son dernier numéro printemps-été 2019 au thème de l’anonyme, en portugais : o anonimo. On y trouve un ensemble de contributions toutes fort intéressantes et « donnant envie ». Dans le numéro, Marcel Cohen se souvient qu’il a été un ami fidèle et proche du poète Edmond Jabès qui prévoyait de donner son corps à la médecine. Jabès renonça à cette disposition après la profanation des tombes juives du cimetière de Carpentras. Il préférait la cendre de l’incinération à la violence de la profanation.

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  • Prélude à l’après-midi de quelques faunes
    | Publié le : 20/06/2019

    Il n’est jamais très bon pour la santé de rester quinze jours sans parler un peu de Marcel Proust. Le plus mal portant de nous tous finit quand même par être le pourvoyeur d’énergie number one. C’est un point commun aux géants de l’art et de la littérature de se déplacer dans le monde comme des vieux oiseaux au bord de la dislocation mais qui ne se disloquent jamais. Avec Proust, c’est constamment. On se dit qu’il ne va pas tenir et puis il tient. Voyez-le en pleine nuit, se faisant conduire au Ritz pour y déguster un sorbet, à quelques semaines de sa mort...

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  • CHRISTIAN GIUDICELLI, TARD DANS LA NUIT
    | Publié le : 13/06/2019

    Paris est la dernière ville d’écrivains ne pensant qu’à ça. Écrire, découvrir, rencontrer, prolonger le rendez-vous, le conserver dans un petit carnet à cet effet, garder des lambeaux de phrases comme on met de côté de vieux branchages en prévision de l’hiver. Christian Giudicelli nous en apporte une preuve supplémentaire par le plus délicat des détours qu’offrent à sa plume les multiples visages rencontrés au long de son existence en cours d’étape. Paris veut dire ici, pour ce fils de petits fonctionnaires nîmois, une métaphore de la joie de vivre.

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  • 6 juin 44
    | Publié le : 06/06/2019

    Quelle scène surréaliste que cette tribune présidentielle, sur le rivage d’Omaha Beach, pour l’anniversaire du débarquement ! Il reste encore plus de trois cent vétérans, à pouvoir parler en direct de cette date sans pareille du 6 juin 44. La mer est toujours là, elle fait le même ressac dans sa splendide indifférence. C’était il y a un instant, cela sera de même dans mille ans. L’Histoire s’écrit dans cette rumeur de vanité stratosphérique qui n’empêche nullement de s’intéresser aux détails de l’opération.

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Derniers articles

Pascal Quignard, l’héritier solitaire
Mais que fabrique Pascal Quignard ? On le croyait perdu en un quelconque corridor de la bibliothèque latine, à moins qu’il ne s’agît d’un de ces poètes chinois dont il a la garde, ou bien encore appliqué au déchiffrage d’un fragment inédit d’Ovide, passé inaperçu. Le voici, ce matin[1], assis à la table de Lord Chandos, correspondant célèbre de Hugo von Hofmannsthal, resté célèbre pour cette Lettre à lord Chandos qui demeure tout simplement aujourd’hui le texte capital pour quiconque médite la maladie littéraire du XXe siècle.

État de grève
C’était quand déjà ? Vous vous souvenez, cette époque où l’on courait après l’autobus, hélait un taxi, téléphonait de son vélo pour suivre le cours de la Bourse ! Parfois, au sortir d’une situation un peu vive, on décidait de débrayer, les puissants allaient voir ce qu’ils allaient voir. C’était encore le temps où faire la grève relevait d’une dramatique sociale et politique qui sentait encore le grand soir. Et puis les choses ont fini par s’étioler et se durcir en même temps. Tantôt, on voyait monter la radicalité, tantôt on se ramollissait jusqu’aux ténèbres de la dépression.

C’était comme ca
Commençons l’année par relire un peu de Marcel Arland. Personne ne pense jamais à lui et quand cela arrive, un propos désobligeant ne tarde pas à moquer le côté ronchon triste de cet écrivain secret, douloureux, qui partagea avec Jean Paulhan la direction de la NRF de 1953 à 1977. Arland était né à Varenne sur Amance en 1899, près de Langres, où il fait très froid et où personne ne va jamais non plus se promener. Le concours des circonstances a fait que Marcel Arland devint l’ami proche, pour ne pas dire intime, d’André Malraux.

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