Mars 2019

  • Jean-Pierre Richard le généreux
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 28/03/2019

    Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

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  • PAUVERT, JOUIR D’EDITER
    | Publié le : 21/03/2019

    Chantal Aubry consacre un livre d’une exceptionnelle qualité à l’éditeur Jean-Jacques Pauvert. Né en 1926, mort en 2014, Pauvert laisse un nom, le sien propre, qui vaut quasiment comme une métaphore. Liberté est le mot simple qui convient à la marque, comme on le dirait d’une cicatrice. Griffe exposerait au malentendu. Alors que cicatrice signifie qu’il y a eu combat, résistance, obstination à faire qui nous plaît d’abord. Pauvert disait, à propos de Sade sur qui on l’interrogeait: « Un écrivain, c’est quelqu’un qui écrit des phrases extraordinaires. »

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  • Dernières nouvelles de l'empereur
    | Publié le : 14/03/2019

    Perrin et la BnF publient un fort volume constitué de documents inédits ayant tous trait à la captivité de Napoléon sur l’île de Sainte-Hélène jusqu’à sa mort le 5 mai 1821. Documents extraits pour la plupart des archives d’Hudson Lowe, gouverneur de l’île, au service de sa Majesté britannique. Hudson Lowe est l’une des grandes figures du Méchant pour les siècles. Il a été odieux avec l’empereur, tatillon, persécuteur de la broutille. Personne ne l’aime, les Anglais l’insultèrent à son retour à Londres.

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  • JEAN STAROBINSKI, L’AUDACIEUX PAISIBLE
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 07/03/2019

    Dans son bureau de Genève, où il recevait les visiteurs, Jean Starobinski (« Staro » pour tout le monde), qui vient de mourir à l’âge de 98 ans ne semblait pas éprouvé par le poids des ans ni des travaux. À la voix douce et précise, il avait cette façon si particulière d’engager la conversation en ayant l’air de donner la parole à son interlocuteur. C’était une manière d’assumer son identité intellectuelle d’humaniste, le dernier de ce calibre. Mais là non plus, Jean Starobinski n’en rajoutait pas.

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Derniers articles

Claudine a l’Élysée
Le changement de gouvernement a des allures de fêtes de fin d’année. Pour un peu, on se croirait à la distribution des prix, avec le sous-préfet en habit de 14 juillet. Le sous-préfet, au sens métaphorique, c’est Jean Castex dans le rôle de Jean Castex, un film d’Emmanuel Macron. C’est extraordinaire comme les pouvoirs du digital permettent de changer d’époque en un rien. Hier, nous étions dans un film de Stanley Kubrick dans un décor de laboratoire hanté par le professeur Raoult, strictement terrifiant.

L’envol de Marc Fumaroli
Quand il entrait dans une salle, un amphithéâtre, un salon, Marc Fumaroli était immédiatement le personnage qu’il incarnait, indistinct de la personne privée. Le Grand Siècle se disait dans son regard, l’écharpe de soie jetée en travers de la veste, un petit sac d’écolier en bandoulière, rentrant à la maison faire ses devoirs. Un mélange unique de négligé et de prestance qui traversait la salle de la Brasserie Balzar en direction de sa table attitrée. La voix, si chaude, si claire, si distincte, jouant avec délice du répertoire de cour dont il connaissait par cœur les gammes...

Bilan de blog
Premier point, bilan du monstre. Le virus Corona n’admet pas d’autre voix que la sienne. Depuis trois mois que nous sommes en détention préventive, le virus n’a eu de cesse de faire taire les importuns qui souhaitaient parler de la peinture de Poussin ou de quelque autre sujet d’honnête homme. Les malheureux eussent pu se rappeler qu’un des plus grands tableaux de Poussin montre un groupe de trois au milieu de la campagne, comme recueillis auprès d’un sorte d’autel avec l’inscription : « Et in Arcadia ego » – ce qui veut dire : « moi la Mort, je suis là aussi en Arcadie ».

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