Janvier 2019

  • Le Grand Michel
    | Publié le : 31/01/2019

    C’est drôle, Michel Legrand a tout joué, tout composé, tout interprété, tout créé, il devrait être un colosse musical et il s’enfuit de ce monde comme une libellule. Où vont les libellules ? Qu’importe. Avec ses lunettes fumées de préparateur en pharmacie, Michel Legrand s’en va comme un courant d’air frénétique. Il voulait tout faire en même temps et il y est arrivé. Y-a-t-il une chanson qu’on retienne absolument en dehors des Sœurs jumelles des Demoiselles de Rochefort qui sont un film ? Pas réellement. Il y en a tant !

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  • Cyril Hanouna, nouveau barbier de Séville
    | Publié le : 24/01/2019

    En prenant un léger recul, on trouve que Cyril Hanouna, animateur sur la chaine C8 de l’émission Touche pas à mon poste, ressemble au barbier de Rossini. Il en a la rondeur, la faconde et d’ailleurs le fil de sa propre barbe en fait preuve. On s’écraserait déjà à l’Opéra Comique à l’annonce d’une reprise du célèbre opéra avec lui dans le rôle-titre. L’actualité française courante est faite de ces brusques jaillissements qui allument les feux de la rampe.

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  • Éloge à fond de Theresa May
    | Publié le : 17/01/2019

    Qu’est-ce qui fait que l’Angleterre n’arrive plus à être l’Angleterre ? Quelqu’un qui a visiblement son idée sur la question, c’est Theresa May, donnée mille fois perdante, mille fois relevée de nulle part. Hier encore, alors qu’on préparait le cercueil, elle parvient à résister à la motion de censure déposée par le Labour pataud de Jeremy Corbin. Pour combien de jours ? Un week-end peut-être, mais on ne compte plus les week-ends de sauvetage d’où elle revient toujours plus decided. On la compare déjà à Churchill, à Thatcher : ce sont des comparaisons qui font seulement « signe »...

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  • Carlos Ghosn, l’homme qui était prisonnier
    | Publié le : 10/01/2019

    Il existe de par le monde des millions d’individus soumis au régime carcéral de l’emprisonnement. Assassins, malfrats, gredins et autres pendards, auxquels il faut ajouter le nombre d’innocents qui n’en peuvent mais. Car il est plus difficile de clamer son innocence derrière les barreaux que devant. Certain boxeur ardent à la cause du gilet jaune, Christophe Dettinger, en fait actuellement l’expérience. Cet aimable colosse à qui l’on reproche d’avoir frappé des policiers à terre voudrait maintenant rentrer à la maison, donner à manger à son chat, arroser ses fleurs, jouer avec ses enfants.

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  • Houellebecq. Encore merci le XIXe siècle
    | Publié le : 04/01/2019

    Le lambeau de Philippe Lançon, livre de la renaissance croise au sommet la Sérotonine de Michel Houellebecq, livre de l’extinction des feux. Il y aurait plus d’un paradoxe à relever de cette situation où l’Hôtel des Invalides a servi de cabane à un Lançon Crusoé, repartant de zéro, en musique. Florent-Claude, le héros fonctionnaire ministériel agricole du roman de Houellebecq, repart de rien. Il arrive.

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Derniers articles

Patrick Modiano, un skieur glisse sur la neige
Il n’y a pas de moment plus magique, dans un roman de Modiano : c’est quand le narrateur, épuisé d’avoir en vain tant questionné les autres qui pourraient l’aider sur sa trajectoire, s’entend dire : « lui-même », dans la bouche de cette personne qu’il cherchait justement depuis des jours. Ici, dans ce dernier roman, M. Molllichi pourrait donner à son interlocuteur une bribe de clé, un bout de téléphone, un simple souvenir qui concerne Noëlle Lefebvre. C’est elle qui est au centre de l’enquête, et qu’on aimerait tant la voir pousser tout à coup la porte du bistro…

Ordeeerrr !!!!! Ordeeerrr !!!!!
John Bancrow, le speaker démissionnaire des Commons nous manque déjà, lui, son micro, son hurlement « ooordeeerr ! » battant le rappel des députés. Johnson, qui passait jusque là pour le luron de service, a été laminé par ce personnage shakespearien. John Bancrow est la seule personnalité rassurante du moment : on se demandait où est passée l’Angleterre, elle est là et c’est bien une pièce de Shakespeare qui se joue sous nos yeux dans ce théâtre du Globe que sont les Commons. Voilà enfin une bonne nouvelle : les Anglais ne peuvent pas s’empêcher d’être des Anglais.

Commons Abbey
Commons Abbey, c’est la nouvelle série britannique qui retient tout le monde à l’heure du dîner, du TV dinner. L’enchaînement est parfait : après la dévouée Theresa May dont on ne compte plus voyages inutiles à Bruxelles, voici l’ébouriffant Boris, dont on ne sait plus, à l’heure de ces lignes, s’il est encore Premier ministre. Il faut voir Boris, coiffé – ou plutôt non coiffé d’une sorte de brosse jaunâtre, précédé de son lugubre conseiller Dominic Cummings, âme damnée, habillé de gris, en jean cendre.

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