Avril 2018

  • Trump-Macron, le mammouth et le colibri
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 26/04/2018

    Comme elle est intéressante cette « tournée » américaine d’Emmanuel Macron ! On dirait les Beatles faisant leurs débuts vers 1963, quand on ne les connaissait pas encore très bien. Il fallait voir, hier, la foule des étudiants de l’université de Washington pour mesurer le décibel de notoriété macronien. Jusqu’où cela ira-t-il ? Ce qui est intéressant, c’est la façon dont le mammouth Trump oscille sur sa base : les préférences idéologiques ne sont pour rien au travail souterrain de l’affinité amicale.

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  • Dignité de la tomate
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 19/04/2018

    La pensée humaine est en constante évolution. Il n’y a pas un jour à Notre-Dame-des-Landes qui ne témoigne de ce prodige. Tel jardinier annonce que ses tomates sont du XXIIIe siècle, tel autre assure que son cheptel de moutons va révolutionner l’espèce par la création d’un nouveau lainage, tel autre encore jure que l’on va sortir du cercle infernal des bas intérêts de la société des hommes. On voit bien ici que Rousseau demeure le patron incontesté de cette utopie, comme il l’était naguère, sur le plateau du Larzac. Et pourquoi non ?

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  • Nos amis les arbres
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 12/04/2018

    Sans conteste, la seule vraie grande vedette de ce printemps est l’arbre. Les publications s’accumulent sur le pauvre comme elles s’accumulaient hier sur le colibri ou les marchands de chapeaux. Il n’y a rien d’émouvant comme d’apprendre qu’un brave promeneur est mort assommé par une branche de chêne qui ne tenait plus. Albert Camus lui-même, qui en connaissait un rayon quant à l’absurde, recule devant ce comble d’injustice. Un arbre faire du mal au prochain !

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  • Philippe Lançon. Un Robinson des Invalides
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 05/04/2018

    Ce qui frappe le plus, à la lecture de ce livre hors du commun , c’est son calme. Philippe Lançon, journaliste, critique littéraire à Libération et Charlie Hebdo aurait pu allonger son nom à la liste des assassinés du 7 janvier 2015 par les frères Kouachi : Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Maris. Or s’il est vrai que les morts ne parlent pas, il arrive aussi aux survivants de savoir se taire en écrivant. C’est le cas de ce livre : 500 pages qui pourraient bien résonner aux oreilles de cet ami de Chateaubriand comme une manière bien personnelle d’Outre-Tombe.

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Derniers articles

Claudine a l’Élysée
Le changement de gouvernement a des allures de fêtes de fin d’année. Pour un peu, on se croirait à la distribution des prix, avec le sous-préfet en habit de 14 juillet. Le sous-préfet, au sens métaphorique, c’est Jean Castex dans le rôle de Jean Castex, un film d’Emmanuel Macron. C’est extraordinaire comme les pouvoirs du digital permettent de changer d’époque en un rien. Hier, nous étions dans un film de Stanley Kubrick dans un décor de laboratoire hanté par le professeur Raoult, strictement terrifiant.

L’envol de Marc Fumaroli
Quand il entrait dans une salle, un amphithéâtre, un salon, Marc Fumaroli était immédiatement le personnage qu’il incarnait, indistinct de la personne privée. Le Grand Siècle se disait dans son regard, l’écharpe de soie jetée en travers de la veste, un petit sac d’écolier en bandoulière, rentrant à la maison faire ses devoirs. Un mélange unique de négligé et de prestance qui traversait la salle de la Brasserie Balzar en direction de sa table attitrée. La voix, si chaude, si claire, si distincte, jouant avec délice du répertoire de cour dont il connaissait par cœur les gammes...

Bilan de blog
Premier point, bilan du monstre. Le virus Corona n’admet pas d’autre voix que la sienne. Depuis trois mois que nous sommes en détention préventive, le virus n’a eu de cesse de faire taire les importuns qui souhaitaient parler de la peinture de Poussin ou de quelque autre sujet d’honnête homme. Les malheureux eussent pu se rappeler qu’un des plus grands tableaux de Poussin montre un groupe de trois au milieu de la campagne, comme recueillis auprès d’un sorte d’autel avec l’inscription : « Et in Arcadia ego » – ce qui veut dire : « moi la Mort, je suis là aussi en Arcadie ».

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