Novembre 2018

  • Jaune
    | Publié le : 29/11/2018

    Soudain, en quelques jours, quelque chose change dans l’air. Comme si la phrase rituelle de fin de banquet « ça ne peut plus continuer comme ça » venait enfin à son terme. Non pas la fin du monde, mais certainement la fin d’un certain « mode de fonctionnement », cette expression étant elle-même impropre, trop abstraite, sans rapport avec le monde réel. La notion de réel, avec son côté lui aussi abstrait demeure néanmoins au cœur du débat. Le réel, c’est tout simplement ce dont on ne peut pas douter, comme un mur contre lequel on vient se fracasser.

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  • Jaune
    | Publié le : 29/11/2018

    Soudain, en quelques jours, quelque chose change dans l’air. Comme si la phrase rituelle de fin de banquet « ça ne peut plus continuer comme ça » venait enfin à son terme. Non pas la fin du monde, mais certainement la fin d’un certain « mode de fonctionnement », cette expression étant elle-même impropre, trop abstraite, sans rapport avec le monde réel. La notion de réel, avec son côté lui aussi abstrait demeure néanmoins au cœur du débat. Le réel, c’est tout simplement ce dont on ne peut pas douter, comme un mur contre lequel on vient se fracasser.

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  • Soljenitsyne, « quel bonheur » !
    | Publié le : 22/11/2018

    Journal de la Roue Rouge , à la date du 7 février 1973, un an avant son expulsion d’URSS : « Aujourd’hui, pendant ma promenade matinale, j’ai vu se dégager l’idée que j’étais complètement mûr (et c’est juste le moment !) pour terminer le Cinquième Épilogue. Quel bonheur ! » C’est un passage parmi d’autres et le « parmi d’autres » fait ici loi, tant on a l’impression de flotter en plein océan. Aucun autre écrivain n’a atteint de telles proportions dans l’art de construire un « roman ».

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  • Une minute pour Wallace Stevens
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 15/11/2018

    Il y avait une fois un poète américain qui s’appelait Wallace Stevens, moins reconnu au tableau des géants, comme Ezra Pound ou T.S Eliot, mais dont la présence discrète, digne, avait l’allure d’un rocher doux au toucher. Il était né en 1879 et mourut en août 55. Le matin, levé tôt, il écrivait puis allait à son travail d’avocat en traversant un parc qui le fournissait en impressions, en pensées, en idées. Des canards sur l’eau faisaient l’affaire. On voit bien, à le lire, que Stevens était l’un de ces écrivains américains intensément cultivés...

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  • La grande guerre est terminée
    | Publié le : 09/11/2018

    C’est donc la fin. La Grande guerre de 14 est terminée. En ce 11 novembre 2019, on jette une dernière fois un œil dans le rétro avant que tout ne disparaisse dans la nuée générale des dates de l’« Histoire de France ». C’est à cela que servent les commémorations : à contrer l’oubli. Nous ne sommes pas près d’oublier la Grande Guerre de 14 vu la profondeur de l’entaille. L’Europe cassée en deux par le milieu de sa colonne vertébrale. Toutes les villes, tous les villages estampillés de leurs « monuments aux morts ».

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Derniers articles

L’envol de Marc Fumaroli
Quand il entrait dans une salle, un amphithéâtre, un salon, Marc Fumaroli était immédiatement le personnage qu’il incarnait, indistinct de la personne privée. Le Grand Siècle se disait dans son regard, l’écharpe de soie jetée en travers de la veste, un petit sac d’écolier en bandoulière, rentrant à la maison faire ses devoirs. Un mélange unique de négligé et de prestance qui traversait la salle de la Brasserie Balzar en direction de sa table attitrée. La voix, si chaude, si claire, si distincte, jouant avec délice du répertoire de cour dont il connaissait par cœur les gammes...

Bilan de blog
Premier point, bilan du monstre. Le virus Corona n’admet pas d’autre voix que la sienne. Depuis trois mois que nous sommes en détention préventive, le virus n’a eu de cesse de faire taire les importuns qui souhaitaient parler de la peinture de Poussin ou de quelque autre sujet d’honnête homme. Les malheureux eussent pu se rappeler qu’un des plus grands tableaux de Poussin montre un groupe de trois au milieu de la campagne, comme recueillis auprès d’un sorte d’autel avec l’inscription : « Et in Arcadia ego » – ce qui veut dire : « moi la Mort, je suis là aussi en Arcadie ».

Éloge du mouton
Comment sommes-nous passés de l’un à l’autre ? Du tohu-bohu au silence. Un moment, l’on a senti cela, qu’il y avait un invité en plus qui évanouissait tous les autres. Et cet invité, c’était le silence. Silence que nous n’avions encore jamais entendu. Normal, pour un couvre-feu, le premier, sûrement depuis la guerre d’Algérie, si l’on excepte, plus récents, les soirs de banlieue de l’époque Villepin Premier Ministre. Silence de guerre, rue de Rivoli, long serpent désert, traversé par quelques lézards qui habitaient là et nous ne le savions pas.

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