Le blog de Michel Crépu Août 2017

  • L’enfer du paradis. En voyage au Levant avec Maurice Barrès et Justine Augier
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 31/08/2017

    Et d’abord, rappelons-nous bien que si Marcel Proust n’avait pas existé, Maurice Barrès, son concurrent direct, fût devenu le Caesar Imperator des lettres françaises du premier XXe siècle. Peut-être Barrès pensait-il à cela, sur le parvis de Chaillot, aux obsèques de Marcel, quand il glisse à l’oreille de Mauriac (rapporté par ce dernier) : « Ouais, c’était notre jeune homme… »

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  • Chantal Thomas à la légère
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 23/08/2017

    Sur la balance, Chantal Thomas n’accuse rien, même pas le poids d’une plume. Cette femme n’accuse personne, du reste ; mais il peut arriver qu’elle recommande, sans insister. Sinon, il faut se débrouiller avec ce qu’on a : des images, des souvenirs, une espèce de petite pluie lumineuse qui permet de voir mieux, comme à travers un jeu de persiennes à demi closes, à cause de la chaleur. Elle publie Souvenirs à marée basse au Seuil. Instants d’une enfance, d’une adolescence, moments de plage, ébullition jouissive de l’eau, mousse, sable chaud, on dirait un tissu floral...

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  • La rentrée littéraire est ouverte
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 17/08/2017

    Le sapeur joue dans son tromblon doré comme un pain chaud, c’est la rentrée littéraire. Les enfants crient, ils veulent qu’on leur apporte des livres. Dans les bois déjà touchés par les doigts de l’automne, le fantôme du Grand Meaulnes erre comme une âme en peine. Qui va me réveiller et montrer au monde de quoi nous sommes capables, songe-t-il. Nous l’avons relu, traversant le « centre de la France » au mois de juillet. Soudain l’envie de relire tout de suite ce roman merveilleux. Interloqués, dans l’échoppe où nous nous arrêtâmes pour en acheter un exemplaire...

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  • Vacancesbook
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 10/08/2017

    Il pleut, ce sont les vacances, et je m’ennuie. Dans les romans d’aventure, ce moment sert en général de détonateur. Mais là, rien. Même mon feuilleton préféré, Les Trumpies, donne des signaux de fatigue incontestable. Les scénaristes planchent dur et c’est difficile. Normal, au bout de onze démissions de conseillers spéciaux à la Maison Blanche, il faut faire preuve d’une grande inventivité pour dénicher une imbécillité supplémentaire à commettre qu’on aurait oublié.

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  • Jeanne Moreau, actrice royale
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 02/08/2017

    Jeanne Moreau est morte, elle n’avait pas d’âge. Ou plutôt, elle avait l’âge qu’on choisit d’avoir quand on se moque éperdument des règles en vigueur. Seul compte le désir, l’intendance suit. Dans son cas, on peut dire que l’intendance a suivi, et même un peu plus loin encore. La liste des films donne le tournis : Jule et Jim, Eva, Ascenseur pour l’échafaud, La nuit, Touchez pas au Grisibi etc. Lire la liste est comme de lire un manifeste du talent en soi.

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Derniers articles

Léonard, seul
Une exposition Leonard de Vinci se tient au Louvre, elle va durer deux mois. C’est l’expo monstre de la fin de l’année. Ceux qui voudront voir La Joconde en vrai devront prendre leur ticket, comme pour le reste, d’ailleurs. L’historien Alphonse Dupront voyait dans les cortèges de visiteurs d’expositions un équivalent des pèlerinages médiévaux. Au XIIe siècle, on traversait l’Europe pour toucher le tibia de saint Gontran. Aujourd’hui, rien n’a changé, sinon le tibia.

Julien Green, un petit rire derrière la porte Julien Green, un petit rire derrière la porte
Une vie de lecteur se compose de rencontres qui finissent par trouver leur place dans le long cortège des livres lus, retenus, aimés. Une certaine hiérarchie y impose ses choix, avec le temps. Il y a ceux du premier rang, et il y a ceux du second. Un troisième rang est même prévu, on peut y déjeuner pour pas cher, parfois mieux que dans certains endroits plus réputés. Il faut toujours vérifier par soi-même. Le Journal de Julien Green était du premier rang.

Un jour de pluie à Paris
Personne n’a oublié l’inoubliable Anthony Perkins du Psychose d’Alfred Hitchcock, mais qui n’a pas oublié les romances de l’acteur, au temps bienheureux des premières sixties, lorsqu’il chantait L’automne à Paris ? Il n’est guère que notre merveilleux Woody Allen pour lever la main, à l’énoncé du nom de Perkins chanteur. Un jour de pluie à New York, titre de son dernier film nous ramène à cette musique si charmante et profonde qu’on entend aussi bien au coin de certaine page du roman tout récent de Patrick Modiano, Encre sympathique.

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