Mai 2016

  • Garçon ! La même chose !
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 26/05/2016

    Rien de plus apaisant pour l’esprit que la tenue d’un tournoi de Roland Garros. Du temps où l’Europe vivait paisiblement son après Mai 68, les critiques sportifs lisaient un match de John McEnroe comme s’il se fût agi de pages inédites de la Phénoménologie de l’esprit. Ainsi Serge Daney dans Libération se livrait-il, pour notre bonheur conceptuel, à une herméneutique du passing shot, restée sans héritier.

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  • Élégance du maudit
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 19/05/2016

    Régis Debray publie ses Écrits littéraires en « Quarto ». C’est une grande chance qui s’offre à lui d’être lu encore longtemps. Il a quelque chose d’un Gorki français et ce n’est pas seulement la moustache qui nous inspire cette comparaison. Il a côtoyé de près quelques-uns des grands de la mythologie révolutionnaire, Guevara, Castro. On trouve parfois sur les quais l’un de ces ouvrages, genre La pensée de Régis Debray, bien typiques des seventies, où le port de la moustache pouvait trouver sa place, chez Roland Barthes, entre le béret de l’abbé Pierre et la DS Citroën.

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  • Au royaume des oubliés
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 12/05/2016

    Qu’allons-nous devenir ? C’est la question, maintenant que les jours de la gauche sont comptés et que les chances de trouver de l’eau sur Mars s’amenuisent de jour en jour. Il va falloir se démener. On songe à cela, allongé dans l’herbe, mi-rêverie mi-on ne sait quoi. Les branches d’aubépine s’agitent doucement sur fond de ciel bleu, un jet file vers l’océan, les lapins gambadent, c’est le printemps. Près de vous, le tome 16 de la Biographie universelle ancienne et moderne, publiée en 1816 à Paris chez L. G. Michaud, 34 rue des Bons-Enfants.

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Derniers articles

Le football est un art
Que l’on soit amateur ou non, la démonstration de buts assénés hier soir par le joueur du PSG Mbappé face à l’équipe de Bruges (5 à 0) relève d’un savoir-faire qui dépasse de loin les pures limites techniques. On ne sait pas comment raconter ces accélérations prodigieuses, cette suite d’intuitions, comme font les calligraphes chinois, qui aboutissent à un trait de plume définitif, ce qu’on appelle un but.

Parler la foudre. Avec Hölderlin et Benoît Chantre
Revoici Hölderlin. Il est le dernier grand rendez-vous que les Européens ont avec ce qui leur reste de vie spirituelle. Il faudrait s’entendre par « vie spirituelle », qui ne rime pas forcément avec le régime bio ambiant qui compte pour rien ce que Hölderlin mettait au plus haut et qui nous échappe désormais : la vie avec les dieux, à l’échelle d’Hypérion-ange ? archange ? poète ? Tout cela en même temps et d’une manière telle que nous le recevons, non pas comme un message de l’au-delà, mais une nourriture pour maintenant, dans le temps.

Gérard Philipe, l’ange foudroyé
Le nom de Gérard Philipe… Ce fut peut être le dernier grand mort des « arts et spectacles », tel qu’on put le voir durant ce « dernier hiver du Cid» que raconte Jérôme Garcin dans son livre[1]. C’était le temps, il y a soixante années, où tout le pays pouvait se rassembler au chevet d’un homme qui l’avait fait rêver. Cocteau était encore là, c’est lui qui était chargé de trouver les mots et tout le pays écoutait, se recueillait à l’annonce d’un événement qui le touchait au cœur. Cocteau s’adressait directement à l’acteur, « nous ferons en sorte que ta courte gloire devienne longue »…

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