Avril 2016

  • Lascaux-Chicago
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 28/04/2016

    Quand on regarde les animaux peints de la grotte Lascaux, on se sent toujours dans la peau d’un imbécile qui ne comprend rien aux lois mystérieuses du Progrès. On s’écarquille, on se dit : « comment ont-ils pu faire cela ? » Cette finesse du trait, cette vivacité du mouvement, là, dans le fond d’une caverne où il n’y a même pas l’électricité, vous vous rendez compte. Notre esprit vient buter sur ce qui lui apparaît comme une aporie insurmontable : avoir froid, résister aux bêtes sauvages qui rôdent alentour, être quand même un Giacometti de ce temps-là.

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  • Samuel Johnson, ou the great Migou
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 21/04/2016

    Assurément, c’est la seule chose à faire en ces temps d’îles Vierges ou Caïman, alors que votre offshore laisse à désirer et que votre bibliothèque présente de lamentables lacunes : vous jeter la tête la première dans Vies des poètes anglais par l’immense Samuel Johnson, le « docteur » Johnson, gloire littéraire du Grand Siècle anglais, surnommé de son temps «The Great Cham », le « Grand Manitou » et que nous appellerons pour notre part, en hommage au yéti d’Hergé, the Great Migou, le Grand Migou. On a bien le droit de se distraire.

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  • Prisonniers de la défaite
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 14/04/2016

    La Belle Équipe, film de Jean Duvivier tourné en 1936, est un chef d’œuvre dont on peut admirer en ce moment la copie restaurée au cinéma les Fauvettes, avenue des Gobelins 75013. L’endroit est un petit paradis pour amateurs de salle en noir et Jérôme Seydoux son heureux mécène. Quand on parle de « Belle Équipe » maintenant, cela rend un autre son qu’à l’époque joyeuse des congés payés de 1936.

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  • Frédéric Badré, un roi sans divertissement
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 07/04/2016

    On peut lire dans l’actuelle livraison de la NRF un texte signé de Frédéric Badré. Il s’intitule L’intervalle. L’intervalle, c’est le nom que Saint-Simon donnait à l’espace qui sépare la vie de la mort. José Cabanis, qui a écrit le plus beau livre possible sur l’auteur des fameux Mémoires, l’avait épinglé en exergue à son essai. Frédéric Badré aimait les livres de José Cabanis. Il venait de publier à l’automne dernier La grande santé où il évoquait son démêlé avec la maladie de Charcot, d’une exceptionnelle tenue de route. L’intervalle se voulait la suite de La grande santé.

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Derniers articles

Pascal Quignard, l’héritier solitaire
Mais que fabrique Pascal Quignard ? On le croyait perdu en un quelconque corridor de la bibliothèque latine, à moins qu’il ne s’agît d’un de ces poètes chinois dont il a la garde, ou bien encore appliqué au déchiffrage d’un fragment inédit d’Ovide, passé inaperçu. Le voici, ce matin[1], assis à la table de Lord Chandos, correspondant célèbre de Hugo von Hofmannsthal, resté célèbre pour cette Lettre à lord Chandos qui demeure tout simplement aujourd’hui le texte capital pour quiconque médite la maladie littéraire du XXe siècle.

État de grève
C’était quand déjà ? Vous vous souvenez, cette époque où l’on courait après l’autobus, hélait un taxi, téléphonait de son vélo pour suivre le cours de la Bourse ! Parfois, au sortir d’une situation un peu vive, on décidait de débrayer, les puissants allaient voir ce qu’ils allaient voir. C’était encore le temps où faire la grève relevait d’une dramatique sociale et politique qui sentait encore le grand soir. Et puis les choses ont fini par s’étioler et se durcir en même temps. Tantôt, on voyait monter la radicalité, tantôt on se ramollissait jusqu’aux ténèbres de la dépression.

C’était comme ca
Commençons l’année par relire un peu de Marcel Arland. Personne ne pense jamais à lui et quand cela arrive, un propos désobligeant ne tarde pas à moquer le côté ronchon triste de cet écrivain secret, douloureux, qui partagea avec Jean Paulhan la direction de la NRF de 1953 à 1977. Arland était né à Varenne sur Amance en 1899, près de Langres, où il fait très froid et où personne ne va jamais non plus se promener. Le concours des circonstances a fait que Marcel Arland devint l’ami proche, pour ne pas dire intime, d’André Malraux.

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