Janvier 2016

  • Onfray, être contre
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 28/01/2016

    Il n’y a plus de philosophie en France et jamais le signifiant « philosophie » n’aura été autant à l’honneur. Médiatiquement célébré, thérapeutiquement prescrit, consciencieusement vidé de sa substance. Onfray est le nom qui convient à cette déroute, comme si l’hercule de la foire du Trône venait nous annoncer la bonne nouvelle de sa Parole. Non pas penser mais soulever des poids, arracher des carottes du jardin. Il est très difficile de contrer Onfray, en raison même du malentendu qu’on vient de dire : on croit attaquer une pensée, on arrive dans du beurre, dans quelque chose de très bovidé.

    > Lire la suite

  • Scola, l'instant de grâce
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 21/01/2016

    Inutile d’aller chercher toute la filmographie d’Ettore Scola qui vient de mourir, un film suffit pour comprendre : Une journée particulière, peut-être un des dix plus beaux films jamais tournés. Tout le monde connaît l’histoire de la rencontre de cette jeune femme (Sophia Loren) et d’un homme (Mastroianni) un jour de défilé en l’honneur du Duce. Elle est très belle, n’est pas de la « haute », lui est un homosexuel délicat et solitaire ; ils ne devraient pas être dans ce petit appartement de rien, l’un en face de l’autre, ils devraient être chacun dans sa galaxie personnelle. Et pourtant...

    > Lire la suite

  • David Bowie Peter Pan de la pop et de bien d’autres choses encore
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 15/01/2016

    On ne peut qu’admirer le doigté avec lequel la Providence organise les disparitions récentes, toutes emblématiques du rayon musical : Michel Delpech, puis Pierre Boulez, puis aujourd’hui David Bowie. Du grand art, vraiment. Ne nous amusons surtout pas à deviner la suite du menu, on ne joue pas avec ces choses-là. Évitons aussi, dans mesure du possible : la puissance planétaire de la musique, comparée à tout le reste. Dans le cas de Bowie, l’événement a concerné jusqu’aux Martiens qui écoutent beaucoup ses disques, dans le silence des constellations.

    > Lire la suite

  • Michel Boulez et Pierre Delpech
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 07/01/2016

    Personne ne pourra se plaindre, pour une fois, de ce que les hasards du destin mélangent à quelques jours près la mort de Michel Delpech, chanteur populaire et celle de Pierre Boulez, géant de la musique moderne, dite « contemporaine ». Puissance émotive de la chanson qui traverse les générations et vient coiffer au poteau les nobles hiérarchies. Delpech n’était pas Trenet, mais il n’empêche, ses refrains ont cristallisé des moments, des périodes de société. L’écouter, c’est ressentir cette puissance d’emprise.

    > Lire la suite

 
Recevoir une alerte à chaque publication d’un article

Derniers articles

Le football est un art
Que l’on soit amateur ou non, la démonstration de buts assénés hier soir par le joueur du PSG Mbappé face à l’équipe de Bruges (5 à 0) relève d’un savoir-faire qui dépasse de loin les pures limites techniques. On ne sait pas comment raconter ces accélérations prodigieuses, cette suite d’intuitions, comme font les calligraphes chinois, qui aboutissent à un trait de plume définitif, ce qu’on appelle un but.

Parler la foudre. Avec Hölderlin et Benoît Chantre
Revoici Hölderlin. Il est le dernier grand rendez-vous que les Européens ont avec ce qui leur reste de vie spirituelle. Il faudrait s’entendre par « vie spirituelle », qui ne rime pas forcément avec le régime bio ambiant qui compte pour rien ce que Hölderlin mettait au plus haut et qui nous échappe désormais : la vie avec les dieux, à l’échelle d’Hypérion-ange ? archange ? poète ? Tout cela en même temps et d’une manière telle que nous le recevons, non pas comme un message de l’au-delà, mais une nourriture pour maintenant, dans le temps.

Gérard Philipe, l’ange foudroyé
Le nom de Gérard Philipe… Ce fut peut être le dernier grand mort des « arts et spectacles », tel qu’on put le voir durant ce « dernier hiver du Cid» que raconte Jérôme Garcin dans son livre[1]. C’était le temps, il y a soixante années, où tout le pays pouvait se rassembler au chevet d’un homme qui l’avait fait rêver. Cocteau était encore là, c’est lui qui était chargé de trouver les mots et tout le pays écoutait, se recueillait à l’annonce d’un événement qui le touchait au cœur. Cocteau s’adressait directement à l’acteur, « nous ferons en sorte que ta courte gloire devienne longue »…

> Tous les articles
Rechercher
Ok

Ce site utilise des cookies nécessaires à son bon fonctionnement, des cookies de mesure d’audience et des cookies de modules sociaux. Pour plus d’informations et pour en paramétrer l’utilisation, cliquez ici. En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous consentez à l’utilisation de cookies.