Chères et chers amis de la Nouvelle Revue française,

Chères et chers amis de la Nouvelle Revue française,
Le blog de la NRF | Publié le : 29/09/2022

Chères et chers amis de la Nouvelle Revue française,

Lorsqu'Antoine Gallimard m'a proposé de devenir la directrice de la Nouvelle Revue française, en succédant à Michel Crépu mais aussi à d'autres grands hommes comme Jacques Rivière, Jean Paulhan ou Georges Lambrichs, je me devais de prendre en compte la remarquable longévité de celle qui est la plus célèbre des revues littéraires mais aussi de lui donner les moyens de se redéployer dans le monde actuel.

Parce que nous ne pensons pas que les revues appartiennent, comme on l'entend parfois, à une époque révolue, et parce que bien au contraire nous croyons au pouvoir incomparable de la littérature à dire une part importante de nous-mêmes en ces temps mouvementés et à participer au débat d’idées, nous avons donc eu à cœur d'ancrer la revue dans notre présent par des thématiques sociétales fortes. Cette nouvelle ère sera inaugurée dans ce premier numéro qui paraît aujourd'hui par un dossier sur la Nature.

Sur ce thème que tente de définir Erri De Luca, la surprise a été de recevoir des contributions aussi variées qu’inattendues. Commander des textes et trouver autre chose, telle est la belle leçon de la littérature, le mystère sans cesse répété de la créativité. Ainsi le vidéaste africain Hamedine Kane rend hommage à un monde disparu tandis que chez la franco-estonienne Katrina Kalda, la forêt est à jamais le lieu de la mémoire. Christophe Bataille fait palpiter le cœur d’un faon, nous ramenant à la condition oubliée de notre être au monde. Anton Beraber, loin des clichés et des rêveries romantiques, choisit d’évoquer une plante venue de la nuit des temps, le poète Jacques Réda le souvenir du vent dans les arbres, Fabienne Raphoz l’apparition miraculeuse d’un oiseau. Dans des entretiens passionnants, Nathacha Appanah et Richard Powers échangent sur leur approche de la nature dans leur écriture et Christine Siméone et la philosophe Catherine Larrère reviennent sur la naissance d’un « droit de la nature »...

En accompagnement de cette thématique, nous avons demandé à Jean-Marie Gustave Le CLézio de nous offrir sa « bibliothèque idéale ». Qui mieux que Le Clézio, qui publie dans la Nrf depuis les années 1960, et défend depuis autant d’années les grandes causes concernant notre planète, pouvait nous faire partager les auteurs et les livres qu’il aime ?

La deuxième partie de ce numéro est consacrée à Marcel Proust : il était évident, l'année du centenaire de sa mort, que la revue devait rendre hommage au « plus Nrf-iste » de tous les écrivains, comme Proust aimait à se désigner lui-même.

Nous avons réuni les contributions de spécialistes comme Jean-Yves Tadié, qui nous offre les bonnes feuilles de son introduction au Journal de Reynaldo Hahn, Antoine Compagnon, qui nous fait entrer dans les coulisses de l'exposition consacrée cet automne à Proust à la Bibliothèque nationale de France, ou encore Anne Simon, qui livre une analyse zoopoétique de La Recherche. L’écrivain Yannick Haenel nous invite à la relire sous l’angle de l’érotisme et de l’éveil des sentiments. Et comme les auteurs ont tous les droits, Julien Syrac porte un regard irrévérencieux sur cette écrasante figure tutélaire tandis que Violaine Huisman, dans une opposition rafraîchissante et résolument féministe avec Virginia Woolf, n’hésite pas à écorner légèrement l’image d’un homme d’un autre temps.

Dans la dernière partie de cette revue à laquelle nous avons rendu son sous-titre originel de « revue de littérature et de critique », une large place est donnée à des critiques de livres, de théâtre et d'expositions, rédigées uniquement par des auteurs, et sous une forme libre qui permette une véritable analyse.

Enfin, parce que cette « entreprise » qui avait « besoin d'être recommencée » – pour pasticher Paulhan – se devait d'être accompagnée d'une métamorphose, la revue paraîtra deux fois par an, à l'automne et au printemps, dans un format agrandi et une couverture en couleur. Entre deux livraisons de la revue vous aurez le plaisir de retrouver le « Blog de la Nrf » sous la plume de l'écrivain Aurélien Bellanger, chaque jeudi, et ce dès la semaine prochaine !

J'espère que cette nouvelle formule vous séduira, je vous souhaite de bonnes lectures et un très bel automne,

Maud Simonnot

Maud Simonnot et Aurélien Bellanger

 
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