Mars 2018

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  • Au théâtre ce soir
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 08/03/2018

    La mousson hivernale vient de cesser. La Seine a retrouvé son lit, les marchands de livres mettent leurs ouvrages à sécher. Au Louvre, Les noces de Cana se reflètent à nouveau dans les eaux vert-grises du fleuve parisien. Même, le pinson du pont Louis-Philippe joue à nouveau de sa flûte à deux notes. Il fait un bout de route avec nous, qui venons d’acheter quai de la Tournelle l’ouvrage exquis de Pierre Brisson : Le Théâtre des années folles où brillent de mille feux des noms aujourd’hui oubliés.

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  • "Bordel de vide"
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 02/03/2018

    C’est l’expression de la semaine, elle figure sous la plume de Philippe Sollers dans son dernier roman, Centre . L’auteur y évoque les impressions de son épouse psychanalyste (on a le droit de penser à quelqu’un, mais ce n’est pas obligatoire et puis d’ailleurs ça n’a aucune importance.) L’auteur ressemble à ces promeneurs chinois d’aquarelle, qui observent la cascade pendant des heures. On les voit de dos, pour la plupart, penchés sur une sorte d’abîme.

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Derniers articles

Patrick Modiano, un skieur glisse sur la neige
Il n’y a pas de moment plus magique, dans un roman de Modiano : c’est quand le narrateur, épuisé d’avoir en vain tant questionné les autres qui pourraient l’aider sur sa trajectoire, s’entend dire : « lui-même », dans la bouche de cette personne qu’il cherchait justement depuis des jours. Ici, dans ce dernier roman, M. Molllichi pourrait donner à son interlocuteur une bribe de clé, un bout de téléphone, un simple souvenir qui concerne Noëlle Lefebvre. C’est elle qui est au centre de l’enquête, et qu’on aimerait tant la voir pousser tout à coup la porte du bistro…

Ordeeerrr !!!!! Ordeeerrr !!!!!
John Bancrow, le speaker démissionnaire des Commons nous manque déjà, lui, son micro, son hurlement « ooordeeerr ! » battant le rappel des députés. Johnson, qui passait jusque là pour le luron de service, a été laminé par ce personnage shakespearien. John Bancrow est la seule personnalité rassurante du moment : on se demandait où est passée l’Angleterre, elle est là et c’est bien une pièce de Shakespeare qui se joue sous nos yeux dans ce théâtre du Globe que sont les Commons. Voilà enfin une bonne nouvelle : les Anglais ne peuvent pas s’empêcher d’être des Anglais.

Commons Abbey
Commons Abbey, c’est la nouvelle série britannique qui retient tout le monde à l’heure du dîner, du TV dinner. L’enchaînement est parfait : après la dévouée Theresa May dont on ne compte plus voyages inutiles à Bruxelles, voici l’ébouriffant Boris, dont on ne sait plus, à l’heure de ces lignes, s’il est encore Premier ministre. Il faut voir Boris, coiffé – ou plutôt non coiffé d’une sorte de brosse jaunâtre, précédé de son lugubre conseiller Dominic Cummings, âme damnée, habillé de gris, en jean cendre.

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