Le blog de Michel Crépu Juillet 2018

  • Pulsion d'État
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 25/07/2018

    Sur les photographies, Alexandre Benalla semble tenir à la fois du voyou gominé à la Scorcese et de l’étudiant de Columbia en sciences politiques. Quel mystère ! On a eu beau fouiller ses anciens livrets scolaires, relire ses compositions françaises, remonter l’ascension en sens inverse, on arrive toujours devant un jeune homme bizarrement ailleurs, jusqu’à ce moment de la Contrescarpe où vient prendre l’incendie. Adieu cartes de visites et autres « badges » princiers : on ne sait plus à qui l’on a affaire, ni en vertu de quelle légitimité.

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  • Un beau soir
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 18/07/2018

    Le beau soir diffère essentiellement du « Grand Soir » en ce qu’il ne manifeste nullement l’intention d’organiser un Jugement dernier. Un Jugement dernier réservé bien sûr aux coupables, aux mécréants et dissidents de toute sorte. Le beau soir ne tient pas à disposer d’une majuscule de fonction. Il se contente de gagner la coupe du monde de football.

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  • Poor England
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 12/07/2018

    Les Britanniques, qui codifièrent le football il y a plus d’un siècle, font figure aujourd’hui d’anciens magiciens à la rue, faisant la manche pour un repas chaud. Voyez le gardien de but, Jordan Pickford, qui a soulevé l’espoir, un instant, que le vent victorieux allait jouer avec son équipe. On avait l’impression que Pickford pouvait tout, surtout l’impossible. Pickford était au rugby ce que la mer était à son pays menacé par Napoléon : un mur infranchissable.

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  • Lanzmann, le justicier
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 06/07/2018

    Il y a les justes et il y a le justicier. Claude Lanzmann (1925-2018) était le justicier. Le vengeur qui consomme sa mission jusqu’à la dernière goutte. Pas de négociation à l’amiable, pas d’arrangement possible. Tout dans l’implacable et minutieux récit du vrai. Le comment ça s’est passé dans cette partie d’Europe, la plus raffinée qui soit et qui a vu l’impensable mener son affaire jusqu’à ce que les choses tournent en faveur du monde libre. Lanzmann s’était juré de vider la chose jusqu’au dernier atome. Et il y est arrivé.

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  • Le foot est-il populiste ?
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 05/07/2018

    Certains beaux esprits le laissent entendre, non sans cette nuance de hauteur dont on se demande à quelle autorité ils la doivent. On se souvient que Philippe Bouvard, aux débuts de Johnny à l’Olympia, deux cents sièges brisés, posait la question de la ressemblance avec un meeting nazi. La suite aura permis de juger si feu Johnny avait de la graine totalitaire dans les cordes vocales. Les turbulences de fin de partie, jusqu’aux plus virulentes, n’ont rien de commun avec les défilés de chemise brune. Et d’ailleurs, quand on mouille le maillot, les couleurs se dissipent.

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Derniers articles

Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

JEAN STAROBINSKI, L’AUDACIEUX PAISIBLE
Dans son bureau de Genève, où il recevait les visiteurs, Jean Starobinski (« Staro » pour tout le monde), qui vient de mourir à l’âge de 98 ans ne semblait pas éprouvé par le poids des ans ni des travaux. À la voix douce et précise, il avait cette façon si particulière d’engager la conversation en ayant l’air de donner la parole à son interlocuteur. C’était une manière d’assumer son identité intellectuelle d’humaniste, le dernier de ce calibre. Mais là non plus, Jean Starobinski n’en rajoutait pas.

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