Le blog de Michel Crépu Juin 2017

  • Mettre une cravate
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 29/06/2017

    Contrairement aux Insoumis qui ne mettent pas de cravate, nous mettons un bonnet à poils avant de prendre la plume, en l’honneur de la bataille d’Austerlitz. Il est extraordinaire et surtout comique que l’on puisse encore croire que l’absence de cravate soit synonyme de rébellion.

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  • Et donc, Blanchot
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 22/06/2017

    Les séminaristes de la congrégation « En Marche » vont faire une retraite spirituelle le weekend prochain. Le thème en sera : « Comment s’ouvrir aux autres ? » La retraite sera prêchée par l’abbé Philippe, premier ministre, ascète et boxeur réputé. Les joyeux séminaristes sont des tourterelles un peu éblouies par la nouvelle gloire.

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  • Pourvu que ça commence !
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 15/06/2017

    Même le bon gros vaniteux François Bayrou, sorte de Monsieur de Pourceaugnac à la Molière, ne peut pas éviter ce constat d’une cruauté certaine : il ne pèse plus rien. À la foire aux bestiaux de Pau, ville dont il est le maire, il est désormais rangé avec les bovidés de seconde classe. C’est très simple à constater. Hier encore mais quand « hier » ?

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  • Jupiter fait une blague
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 08/06/2017

    Notre-Dame-de-Paris portes closes à six heures de l’après midi, voilà qui n’est pas normal. La terre entière défile en permanence dans cet endroit unique au monde, que s’est-il donc passé ? C’est que le gendarme de faction aux portes de la cathédrale a reçu un coup de marteau sur la tête avec les compliments de l’État Islamique. « Tiens ! pour la Syrie ! » s’est écrié l’assommeur avant d’être mis hors d’état. Il faisait beau, mardi en fin d’après midi, les pluies d’orage étaient délicieuses et le babil international n’a pas cessé pour autant son ramage.

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  • Dernières nouvelles de l’ange
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 01/06/2017

    J’aime ce vers de Francis Jammes, qui m’accompagne le matin : « Il fait chaud, il fait chaud, il fait chaud. » Non, je n’écrirai pas à la suite : « mais qui se souvient de Jammes ? », car si je suis sans illusion sur la situation posthume de cet homme dont on a publié la correspondance avec Gide, je peux imaginer qu’il se trouve peut-être un autre être humain pour être touché par la simplicité de cette poésie.

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Derniers articles

Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

JEAN STAROBINSKI, L’AUDACIEUX PAISIBLE
Dans son bureau de Genève, où il recevait les visiteurs, Jean Starobinski (« Staro » pour tout le monde), qui vient de mourir à l’âge de 98 ans ne semblait pas éprouvé par le poids des ans ni des travaux. À la voix douce et précise, il avait cette façon si particulière d’engager la conversation en ayant l’air de donner la parole à son interlocuteur. C’était une manière d’assumer son identité intellectuelle d’humaniste, le dernier de ce calibre. Mais là non plus, Jean Starobinski n’en rajoutait pas.

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