Le blog de Michel Crépu Mars 2016

  • Vitesse d'Annie Ernaux
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 31/03/2016

    Le désir, ou ce que Annie Ernaux appelle plus radicalement « le gouffre du sexe pur ». C’est plus clair, énoncé de la sorte, il n’y a pas de chi chi à l’entrée. Toute l’affaire est une question de voix. Et là encore, il faut être clair, quand on parle de « voix ». Combien peut-elle prendre sur ses épaules, la voix? Combien de vérité dicible?

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  • Tintin a une âme
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 24/03/2016

    Vous rentrez chez vous, la journée de travail est terminée. Vous êtes dans le métro avec les autres. Les autres sont votre journal du soir : vous les lisez pendant qu’on roule vers Raspail. C’est la seule grande expérience philosophique qui vaille par les temps qui courent, de se trouver ainsi en présence de son semblable. D’être vous-même l’un de ces autres que vous scrutez vaguement en ce moment, tandis que le convoi s’arrête et que la voix du chauffeur prévient les voyageurs d’une « panne de courant. »

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  • L'irrésistible petite santé du livre
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 17/03/2016

    Deleuze parle quelque part (au sujet de Kafka) de l’« irrésistible petite santé de l’écrivain ». On pourrait remplacer sans dommage le mot « écrivain » par le mot « livre ». C’est la saison qui veut cela, avec son éternel Salon du livre qui « ouvre ses portes ». Les familles s’y engouffrent dans l’espoir d’apporter aux enfants un peu du salut livresque qui leur manque tant et les « gens du milieu », tout à leurs « relations » se feraient massacrer à la tronçonneuse plutôt que d’avouer qu’ils adorent profiter de ce bon moment de socialité joyeuse.

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  • Stones-Castro, 1-0
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 10/03/2016

    Ainsi, ce que des décennies de politique et d’idéologie n’ont pu seulement écorner, les Stones vont le faire. Un concert à Cuba après la visite d’Obama. Quelle ironie de l’histoire ! Quelle incroyable puissance du rock, l’autre grand phénomène du XXe siècle avec les idéologies totalitaires.

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  • Charles de Foucauld, l'homme qui attendait quelqu'un
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 03/03/2016

    Il y aurait bien des raisons de rapprocher le Foucauld que nous donne aujourd’hui François Sureau du Rimbaud calciné que Benjamin Fondane nommait un « voyou ». Calciné par quoi au juste ? Pas seulement le vent du Sahara et les pierres de l’ermitage fameux. Calciné par Dieu ? Oui bien sûr, mais que de mystère dans cette destinée ! François Sureau, qui a le goût de l’âpre, a voulu s’approcher de cet homme inatteignable, dont le sort résiste étonnamment à l’imagerie officielle du converti.

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Derniers articles

Bienheureux comme Blaise Pascal
Voilà la nouvelle la plus importante de l’été. Le pape François, jésuite, a élevé le janséniste Blaise Pascal au rang de « bienheureux ». « Bienheureux » est le dernier barreau avant le grade ultime de « saint ». Il faudra la bagatelle de deux ou trois siècles pour finir le travail. Mais que l’auteur des Provinciales devienne soluble sous les ors baroques du baldaquin de saint Pierre bouleverse comme la découverte d’une planète qu’on ne soupçonnait pas.

L'affaire Grégory : un peu de Satan dans l’eau froide
Le « petit juge » Lambert a mis sa tête dans un sac plastique et il a quitté ce monde. Nous aurions oublié jusqu’à son nom si les progrès technologiques n’avaient pas rattrapé le « petit juge » par la manche. C’était l’époque où Marguerite Duras trouvait que Christine Villemin avait une allure de criminelle à la Euripide.

Un verre au Jupiter Bar
La collection TERRIFIC-FANTASY vous présente son nouveau poster : Prince Makron et les spectres . Exposée d’abord sous les ors de Versailles, elle sera offerte au bon peuple dans toutes les mairies. C’est un événement dans l’histoire des gloires de la France. Comme un maharadjah avait inventé la lampe perpétuelle à seule fin d’éviter à ses serviteurs de se relever la nuit pour la rallumer, l’eunuque du Prince se tiendra en permanence près de la flamme. À tout moment, tel un dijinn, il pourra jaillir en acceléré. Car le peuple ne souffre point d’attendre. Même quand il dort, il fait semblant.

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