Raymond Queneau, notes inédites

Raymond Queneau, notes inédites
Actualité | Publié le : 06/07/2017

L’art d’écrire une notule est une école d’humour et d’humilité. Raymond Queneau en rédigea beaucoup, pour un journal qui s’appelait Front national, à la fin de la Seconde Guerre, et qui était de gauche, fondé par le Parti communiste – qu’on se le dise. Jean-Michel Gouvard en présente un choix sur les cinquante-six qui furent publiées. Aragon, Lorca, Char sont ici à la manœuvre, parmi d’autres stars. Et c’est un délice que de goûter à cette simplicité dans l’art de dire l’essentiel d’un livre qui ne se laisse pas aussi facilement circonvenir.

Du 29 septembre 1944 au 11 novembre 1945, Raymond Queneau publia cinquante-six chroniques littéraires dans Front national. Ce journal avait été pendant l’Occupation l’organe clandestin du réseau de résistance du même nom, fondé par le PCF, et, à la Libération, il était devenu un quotidien national. Trente de ces chroniques furent réécrites, puis publiées dans Bâtons, chiffres et lettres, en 1950, mais les autres sont restées inédites jusqu’à ce jour. On en trouvera dans La NRF de juillet 2017 un choix qui témoigne de l’éclectisme des goûts littéraires de Queneau, en même temps qu’il révèle un écrivain engagé, plus soucieux des questions politiques que
ne le suggère l’image qu’il a léguée à la postérité.
J.-M. G.

« Deux ou trois ans après l’autre guerre, parut un livre qui fut le bréviaire de pas mal de jeunes écrivains de l’époque : je veux parler du Petit manuel du parfait aventurier de Mac Orlan. Mac Orlan définissait deux espèces d’aventuriers. Les aventuriers actifs et les aventuriers passifs. Ceux-ci étant tout simplement ceux qui écrivent au sujet (ou à propos) des aventures des autres, les aventuriers effectifs n’écrivant jamais. Le quart de siècle qui a suivi en a révélé une troisième espèce : les écrivains dont la vie est une aventure ; et une quatrième, parallèle : les aventuriers qui sont de bons écrivains. Et, tout naturellement, Éducation européenne se place dans la lignée de L’Adieu aux armes, des Conquérants ou de Vol de nuit. » Raymond Queneau

RAYMOND QUENEAU. « Exercices de lecture, ou l’art de résumer ». Notes inédites présentées et établies par Jean-Michel Gouvard, La NRF n° 625, juillet 2017.

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Romancier et poète, cofondateur de l'OuLiPo, Raymond Queneau fut également éditeur. Entré aux Éditions Gallimard comme auteur avec Le Chiendent en 1933, il devint lecteur à partir de 1938, traducteur puis membre du comité de lecture. Il y dirigea après-guerre « L'Encyclopédie de la Pléiade ». Placé au cœur de la scène éditoriale par son élection au jury Goncourt en mars 1951, il fut l’une des dernières grandes figures de la NRF de Gaston Gallimard.

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