Le blog de Michel Crépu

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  • Descente d'avion
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 18/01/2018

    Cher Jean-Pierre Dandrelin, non, tu ne prendras jamais l’avion à Notre-Dame-des-Landes. Le premier ministre a baisé la mule de l’Air du temps sur un ton démissionnaire qui n’admettait pas de réplique. Courage, pas d’aéroport ! Seul le diable, et encore, sait ce qu’il fallait faire de ce maudit dossier à ailettes supersoniques. Parfois, l’Air du temps est plus dur que les aciers Krupp. Qui s’y frotte s’y écrase. Quant à nous, qui n’empruntons que les chemins de randonnée, un numéro de la NRF dans le havresac...

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  • Un voyage d’hiver
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 11/01/2018

    Anna Akhmatova a écrit ce poème traduit par Christian Mouze, publié par la petite maison d’édition Harpo& : « Impossible de dormir cette nuit, Ca parlait haut et l’inquiétude Quelqu’un partait Pour une longue route Emportant un enfant malade La mère, dans la Pénombre de l’entrée Se tordait les doigts Longtemps elle avait cherché Un bonnet propre Et un plaid »

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  • Bernard de Fallois et Paul Otchakovsky-Laurens, la mort de deux grands éditeurs
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 04/01/2018

    Lire, éditer, un point c'est tout. Tête de félin malicieux, s’amusant toujours du conformisme aux profondeurs insondables, Bernard de Fallois tire sa révérence à 91 ans. C’est à lui que l’on doit l’édition du Jean Santeuil de Proust ainsi que du fameux Contre Sainte-Beuve, pièce capitale dans le débat sur l’acte littéraire, les conditions de son accomplissement. Proust, qui adorait lire Sainte-Beuve (il le trouvait « bouillonnant d’intelligence »), tenait en même temps qu’il y a dans l’acte littéraire une zone de solitude irréductible qui échappe à la détermination sociale...

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  • Dans quel genre d’années trente sommes-nous ?
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 21/12/2017

    On ne peut pas dire que l’ancien prix Goncourt Pierre Lemaitre (Au revoir là-haut chez Albin Michel) ait pâti d’un excès de succès, danger mortel pour qui a reçu la récompense littéraire suprême. Son dernier roman, Couleurs de l’incendie (Albin Michel) est excellent comme s’il s’agissait d’un premier tour de piste. Il raconte la chute d’un empire bancaire au temps des années 30, février 27 pour être précis, où tout bascule dans le livre pour des raisons qu’il serait inconvenant de dévoiler au lecteur.

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  • Booz réveillé
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 14/12/2017

    Jean d’Ormesson nous l’avait bien dit : il n’y a rien de pire, pour un écrivain connu, que de mourir le même jour qu’une star. On peut dire de ce point de vue que Jean d’O a décroché la timbale, on ne pouvait pas faire pire que tomber sur Johnny. Le téléphone sonne en haut de l’Arc de Triomphe, c’est Dieu qui appelle le père Hugo. « Quoi, qu’est-ce qu’il y a encore ? » Et Dieu : « «Booz, debout ! Johnny vient de mourir !! Préviens le petit d’Ormesson, et que ça saute ! »

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Qui a peur de Boris Johnson ? Qui a peur de Boris Johnson ?
Boris Johnson a beaucoup en commun avec Donald Trump, moins le temps nécessaire à incarner Boris Johnson que n’en avait Trump pour devenir Trump. Qu’a-t il en commun ? Quelque chose qui, devant les événements de la vie politique, se résume à peu près à la formule : « rien à foutre. »

Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

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