Le blog de Michel Crépu

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  • Être célèbre au moins trois siècles
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 14/06/2018

    On ouvre, on lit dans La Gazette Drouot qu’un portrait du père de Louis XVI a été mis en vente le 10 juin dernier chez Mercier et Cie, Commissaires priseurs associés. Le portrait a été exécuté en 1766 par le peintre Jean-Marchal Fredou : Portrait de Monseigneur le Dauphin, fils de Louis XV, père de Louis XVI. Et voilà comment on peint l’histoire. Monseigneur le Dauphin nous dévisage de l’autre côté de l’aquarium, il est loin, très loin, un très vague sourire éclaire son visage bien rasé de gentilhomme, au brassard de soie bleue.

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  • Orwell 84. Est-ce qu’on peut rire ?
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 06/06/2018

    En 1949, année qui vit la publication de 1984, livre extraordinaire, on disait : dans quel état serons-nous quand viendra la vraie année 84 ? Nous vivons désormais en 2018, année impensable en 84, à laquelle Orwell lui-même n’osait songer. Alors, ça fait quoi d’être en plein futur? demandons-nous aux pauvres esclaves du XXIe siècle. Eh bien il y a toujours des maisons, des oiseaux, des fleurs. Ce qu’il n’y a plus, en revanche, c’est ce « ça d’âme » dont s’étonnait déjà Ulrich, le héros de L’homme sans qualités, de Musil.

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  • PIERRE HASSNER, UN PASSANT D’EUROPE
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 31/05/2018

    Ce qu’il y avait, d’abord, chez Pierre Hassner qui vient de mourir, c’était son cartable. Une sorte d’invraisemblable sacoche d’où débordait un chaos de papier, de pages de livres à bout de souffle, à force d’avoir été lus et relus et plus encore. Il avançait dans la rue, avec son allure de petit juif roumain traînant avec lui le cartable extraordinaire, tenant de la carriole de saisonnier et du secrétaire des archives du musée Guimet. Le chaos de papier, c’était l’histoire de l’Europe au XXe siècle, un vivier de drames et d’intelligence, d’horreur et de sublimité.

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  • Goodbye Philip Roth
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 24/05/2018

    Qu’est-ce que cela peut bien faire à Philip Roth d’être mort à 85 ans, lui qui a été un si grand vivant de la littérature ? Quelle question. Et cela est d’autant plus fascinant que Roth ne s’intéressait à rien d’autre : comment la mort et la vie ne forment qu’une seule et même réalité sexuelle, éventuellement montrable, racontable, risible, émouvante, en tous les cas la grande matrice. Il n’y a rien d’autre à raconter que la façon dont les êtres vivants habitent leur existence sans qu’il soit possible, à aucun moment, d’avoir un peu de recul sur ce spectacle.

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  • Tom Wolfe. Zola de Manhattan
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 17/05/2018

    On aurait presque envie d’écrire : « la Wolfe Tower », comme il y a une Trump Tower. Tom Wolfe, qui vient de mourir à 88 ans, aura figuré à lui tout seul une espèce d’œil du cyclone américain qui ne demandait la permission à personne avant de présenter ses grandes scènes à la manière d’un Zola, d’un Balzac.

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Qui a peur de Boris Johnson ? Qui a peur de Boris Johnson ?
Boris Johnson a beaucoup en commun avec Donald Trump, moins le temps nécessaire à incarner Boris Johnson que n’en avait Trump pour devenir Trump. Qu’a-t il en commun ? Quelque chose qui, devant les événements de la vie politique, se résume à peu près à la formule : « rien à foutre. »

Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

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