Le blog de Michel Crépu

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  • Lanzmann, le justicier
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 06/07/2018

    Il y a les justes et il y a le justicier. Claude Lanzmann (1925-2018) était le justicier. Le vengeur qui consomme sa mission jusqu’à la dernière goutte. Pas de négociation à l’amiable, pas d’arrangement possible. Tout dans l’implacable et minutieux récit du vrai. Le comment ça s’est passé dans cette partie d’Europe, la plus raffinée qui soit et qui a vu l’impensable mener son affaire jusqu’à ce que les choses tournent en faveur du monde libre. Lanzmann s’était juré de vider la chose jusqu’au dernier atome. Et il y est arrivé.

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  • Le foot est-il populiste ?
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 05/07/2018

    Certains beaux esprits le laissent entendre, non sans cette nuance de hauteur dont on se demande à quelle autorité ils la doivent. On se souvient que Philippe Bouvard, aux débuts de Johnny à l’Olympia, deux cents sièges brisés, posait la question de la ressemblance avec un meeting nazi. La suite aura permis de juger si feu Johnny avait de la graine totalitaire dans les cordes vocales. Les turbulences de fin de partie, jusqu’aux plus virulentes, n’ont rien de commun avec les défilés de chemise brune. Et d’ailleurs, quand on mouille le maillot, les couleurs se dissipent.

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  • Le chaos, ma chère
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 28/06/2018

    Vous avez sûrement entendu parler de Henry Adams, l’auteur de ce livre extraordinaire L’éducation de Henry Adams que vous allez emmener avec vous pendant les vacances. L’auteur y raconte tout bonnement son existence au cœur d’une famille américaine mythique. L’Imprimerie Nationale en a donné une superbe édition en 2007 (année du centenaire de sa mort), avec une préface non moins superbe de Pierre-Yves Petillon, l’homme qui connaît le mieux au monde la littérature américaine.

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  • La vie des fourmis
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 21/06/2018

    Dans L’homme sans qualités, Musil raconte la mort d’une fourmi au beau milieu de l’immense forêt. Comme soudain avertis, les animaux font route vers le lieu où repose la fourmi défunte. C’est un passage d’une extraordinaire beauté et l’on se demande par quel chemin Musil est arrivé à imaginer une scène pareille. Métaphore de la solitude, métaphore de la communauté, les deux mêlés ?

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  • Être célèbre au moins trois siècles
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 14/06/2018

    On ouvre, on lit dans La Gazette Drouot qu’un portrait du père de Louis XVI a été mis en vente le 10 juin dernier chez Mercier et Cie, Commissaires priseurs associés. Le portrait a été exécuté en 1766 par le peintre Jean-Marchal Fredou : Portrait de Monseigneur le Dauphin, fils de Louis XV, père de Louis XVI. Et voilà comment on peint l’histoire. Monseigneur le Dauphin nous dévisage de l’autre côté de l’aquarium, il est loin, très loin, un très vague sourire éclaire son visage bien rasé de gentilhomme, au brassard de soie bleue.

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Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

JEAN STAROBINSKI, L’AUDACIEUX PAISIBLE
Dans son bureau de Genève, où il recevait les visiteurs, Jean Starobinski (« Staro » pour tout le monde), qui vient de mourir à l’âge de 98 ans ne semblait pas éprouvé par le poids des ans ni des travaux. À la voix douce et précise, il avait cette façon si particulière d’engager la conversation en ayant l’air de donner la parole à son interlocuteur. C’était une manière d’assumer son identité intellectuelle d’humaniste, le dernier de ce calibre. Mais là non plus, Jean Starobinski n’en rajoutait pas.

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