Le blog de Michel Crépu

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  • Poor England
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 12/07/2018

    Les Britanniques, qui codifièrent le football il y a plus d’un siècle, font figure aujourd’hui d’anciens magiciens à la rue, faisant la manche pour un repas chaud. Voyez le gardien de but, Jordan Pickford, qui a soulevé l’espoir, un instant, que le vent victorieux allait jouer avec son équipe. On avait l’impression que Pickford pouvait tout, surtout l’impossible. Pickford était au rugby ce que la mer était à son pays menacé par Napoléon : un mur infranchissable.

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  • Lanzmann, le justicier
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 06/07/2018

    Il y a les justes et il y a le justicier. Claude Lanzmann (1925-2018) était le justicier. Le vengeur qui consomme sa mission jusqu’à la dernière goutte. Pas de négociation à l’amiable, pas d’arrangement possible. Tout dans l’implacable et minutieux récit du vrai. Le comment ça s’est passé dans cette partie d’Europe, la plus raffinée qui soit et qui a vu l’impensable mener son affaire jusqu’à ce que les choses tournent en faveur du monde libre. Lanzmann s’était juré de vider la chose jusqu’au dernier atome. Et il y est arrivé.

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  • Le foot est-il populiste ?
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 05/07/2018

    Certains beaux esprits le laissent entendre, non sans cette nuance de hauteur dont on se demande à quelle autorité ils la doivent. On se souvient que Philippe Bouvard, aux débuts de Johnny à l’Olympia, deux cents sièges brisés, posait la question de la ressemblance avec un meeting nazi. La suite aura permis de juger si feu Johnny avait de la graine totalitaire dans les cordes vocales. Les turbulences de fin de partie, jusqu’aux plus virulentes, n’ont rien de commun avec les défilés de chemise brune. Et d’ailleurs, quand on mouille le maillot, les couleurs se dissipent.

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  • Le chaos, ma chère
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 28/06/2018

    Vous avez sûrement entendu parler de Henry Adams, l’auteur de ce livre extraordinaire L’éducation de Henry Adams que vous allez emmener avec vous pendant les vacances. L’auteur y raconte tout bonnement son existence au cœur d’une famille américaine mythique. L’Imprimerie Nationale en a donné une superbe édition en 2007 (année du centenaire de sa mort), avec une préface non moins superbe de Pierre-Yves Petillon, l’homme qui connaît le mieux au monde la littérature américaine.

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  • La vie des fourmis
    Le blog de Michel Crépu | Publié le : 21/06/2018

    Dans L’homme sans qualités, Musil raconte la mort d’une fourmi au beau milieu de l’immense forêt. Comme soudain avertis, les animaux font route vers le lieu où repose la fourmi défunte. C’est un passage d’une extraordinaire beauté et l’on se demande par quel chemin Musil est arrivé à imaginer une scène pareille. Métaphore de la solitude, métaphore de la communauté, les deux mêlés ?

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Qui a peur de Boris Johnson ? Qui a peur de Boris Johnson ?
Boris Johnson a beaucoup en commun avec Donald Trump, moins le temps nécessaire à incarner Boris Johnson que n’en avait Trump pour devenir Trump. Qu’a-t il en commun ? Quelque chose qui, devant les événements de la vie politique, se résume à peu près à la formule : « rien à foutre. »

Critique or not critique Critique or not critique
M. Patrick Kechichian, honorable correspondant de ce blog a tempêté dans un courrier que les archives nationales veilleront à garder secret. « Non, non et non » a-t-il protesté, Jean-Pierre Richard était bel et bien un « critique littéraire » et il n’est que de relire les pages innombrables que Richard a consacré à un nombre incalculable d’auteurs contemporains, de Michon à Modiano, nous citons les plus nobles, pour se convaincre que sa fringale d’auteurs à se mettre sous la dent herméneutique était insatiable.

Jean-Pierre Richard le généreux Jean-Pierre Richard le généreux
Curieusement, l’annonce de la mort de Jean-Pierre Richard a fait de lui un « critique littéraire », ce qu’il n’était absolument pas. Au sens le plus précis possible de ce terme, Richard était un essayiste, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait à extraire d’une forme donnée la matière d’une interprétation tout à la fois esthétique et philosophique. Là où le simple critique exprime son goût ou son dégoût, valorise ses emballements sans trop s’attarder, l’essayiste qu’était Richard s’enfonçait plus loin dans la forêt du sens.

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